Franchir les obstacles : Une décennie d’entrepreneuriat féminin autochtone au Canada

La présente étude entend braquer les projecteurs sur la place des entrepreneures autochtones dans l’économie canadienne, cerner les obstacles à la réussite entrepreneuriale de ces femmes, comprendre les stratégies qu’elles adoptent pour innover, et formuler des recommandations dans l’optique d’instaurer un écosystème plus inclusif et de soutenir l’activité économique et sociale des femmes autochtones. À travers une optique des genres, l’étude examine le profil des entreprises détenues par des femmes autochtones et dresse une analyse préliminaire de la manière dont ces femmes mettent à profit leurs connaissances traditionnelles (c’est-à-dire les connaissances collectives liées aux traditions que les groupes autochtones ont utilisées au fil du temps pour assurer leur subsistance et s’adapter à leur environnement).

Le présent rapport examine les nouvelles données compilées dans le vaste corpus de recherches menées par le Conseil canadien pour l’entreprise autochtone auprès des entreprises détenues par des Autochtones, y compris les données issues de sondages menés en 2010, 2015 et 2019. Les données sur les travailleurs autonomes canadiens recueillies lors du recensement de 2016 ont été incluses dans toute la mesure du possible, afin de mettre en comparaison le profil des entreprises détenues par des femmes autochtones et celui des entreprises canadiennes dans leur ensemble. Le présent rapport propose une brève revue de la littérature afin de préciser le contexte dans lequel s’inscrivent les entrepreneures autochtones évoluant dans le milieu des affaires et de faire la lumière sur la place qu’occupe ce groupe d’individus, certes minoritaire, mais essentiel, dans le paysage économique général. Le rapport revient sur les recherches menées par le passé sur les entrepreneures autochtones et sur les répercussions qu’ont entraînées les obstacles structurels sur leurs pratiques professionnelles.

Faits saillants

  • Sur cinq travailleurs autonomes autochtones, environ deux sont des femmes (40 p. 100), soit un chiffre plus élevé que la proportion des femmes non autochtones parmi l’ensemble des travailleurs autonomes canadiens (36 p. 100).
  • Les entreprises détenues par des femmes autochtones sont plus faiblement dotées en personnel, mais elles emploient une plus grande proportion d’Autochtones que celles détenues par des hommes autochtones. D’ailleurs, les entreprises détenues par des femmes autochtones sont proportionnellement plus nombreuses à employer uniquement des salariés autochtones que les entreprises appartenant à des hommes autochtones (44 p. 100 contre 26 p. 100).
  • Les entreprises détenues par des femmes autochtones sont plus présentes dans le secteur tertiaire (62 p. 100). On note toutefois que leur représentation a peu à peu progressé dans le secteur primaire (12 p. 100), qui regroupe entre autres l’industrie minière et l’agriculture, et dans le secteur secondaire (22 p. 100), qui regroupe notamment l’industrie manufacturière, ainsi que les commerces de gros et de détail.
  • Environ 73 p. 100 des femmes autochtones qui détiennent une entreprise déclarent avoir intégré les connaissances traditionnelles (CT) ou les expressions culturelles traditionnelles (ECT) à leur entreprise. Cette pratique est moins répandue chez les hommes autochtones (55 p. 100). Les entreprises détenues par des femmes autochtones s’orientent plus souvent vers l’artisanat, les contes, la production de vêtements, la création de bijoux et la préparation de produits non médicinaux.
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