Une nouvelle étude révèle que les entreprises détenues par des femmes et leurs revenus continuent de progresser et occupent une place essentielle dans l’économie canadienne.

Un groupe de femmes pose pour une photo devant deux banderoles.
Les intervenants et les participants au lancement du rapport anglais le 5 mars 2025 l’État des lieux de l’entrepreneuriat féminin posent pour une photo. De gauche à droite Peggy Harvey, Responsable des programmes, PCFE, Wendy Cukier, Fondatrice et directrice des études, PCFE, Tania Saba, Chaire BMO en diversité et gouvernance, Sabine Soumare, Directrice exécutif, WEKH, Ruth Vachon, Chef de la direction du Réseau des Femmes d’affaires du Québec, L’honorable Rechie Valdez, Whip en chef du gouvernement

Le 19 mars 2025, Montréal — Le Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE) publie son rapport annuel sur l’état des lieux de l’entrepreneuriat féminin (ELEF), qui met en lumière le rôle clé des entrepreneures dans le développement économique, l’innovation, l’exportation et la création d’emplois. Diffusé en ligne et présenté lors d’une série d’événements en français et en anglais pendant le Mois international des femmes, ce sixième rapport ELEF souligne l’importance des petites et moyennes entreprises dans la lutte contre la guerre commerciale qui se profile au Canada, ainsi que la nécessité d’adopter une approche tenant compte du genre et de la diversité pour renforcer l’économie canadienne.

« Alors que l’économie canadienne est confrontée à des risques géopolitiques, aux tarifs douaniers, à la transformation numérique et à une conjoncture économique incertaine, il est essentiel de comprendre que les femmes sont majoritairement propriétaires de près de 20 % des entreprises du secteur privé », a déclaré Wendy Cukier, fondatrice du Diversity Institute, directrice académique du PCFE et co-auteure du rapport. « Alors que les banques au Canada emploient environ 300 000 personnes, les entreprises du secteur privé détenues par des femmes emploient près d’un million de personnes, selon les dernières données disponibles de 2020, et génèrent plus de 90 milliards de dollars en revenus. » 

« Les petites et moyennes entreprises (PME) sont le moteur de l’économie canadienne. Alors qu’aux États-Unis, 50 % des emplois du secteur privé se trouvent dans de grandes entreprises, au Canada, cette proportion est plus proche de 10 %. Les politiques gouvernementales en matière de développement économique, de commerce et d’innovation se concentrent souvent sur les intérêts des grandes entreprises, car on estime, par exemple, que pour chaque emploi dans le secteur automobile, six autres emplois dans la chaîne d’approvisionnement sont touchés par un effet multiplicateur. Cependant, des travaux précédents menés en collaboration avec Morley Gunderson, professeur émérite à l’Université de Toronto, ont montré que les PME ont également des effets multiplicateurs importants, en particulier dans les petites collectivités. De plus, la création de richesse par les entrepreneures a des répercussions significatives sur les familles, les communautés et la durabilité. Au troisième trimestre de 2024, les entreprises majoritairement détenues par des femmes étaient plus susceptibles que l’ensemble des entreprises, tous types de propriété confondus, d’avoir mis en place des pratiques environnementales. »

Au Canada, la proportion de PME majoritairement détenues par des femmes continue d’augmenter progressivement, passant de 15,6 % en 2017 à 17,8 % en 2023, et cela malgré les perturbations majeures causées par la COVID-19. Le nombre d’entreprises détenues par des femmes dans le secteur privé a également augmenté. En 2024, le pourcentage d’entreprises majoritairement détenues par des femmes, incluant les PME et les grandes entreprises, a fluctué autour d’une moyenne de 19 %. La plupart des entrepreneures sont des travailleuses autonomes, représentant près de 40 % des travailleurs autonomes au Canada.

Les femmes ont travaillé dur pour développer leurs entreprises et ont comblé de nombreuses lacunes. Elles sont désormais presque aussi susceptibles d’exporter que les hommes, avec 14,5 % des entreprises majoritairement détenues par des femmes contre 15,3 % de celles majoritairement détenues par des hommes en 2023. Cela signifie que leurs entreprises sont tout aussi touchées par les guerres tarifaires, et les barrières commerciales deviennent une préoccupation croissante, particulièrement pour celles œuvrant dans le textile, l’habillement et la production alimentaire. Un récent sondage a révélé que 64 % des entrepreneures s’attendent à ce que les tarifs nuisent à leur entreprise, mais les trois quarts (77 %) recherchent activement des solutions, notamment en diversifiant leurs chaînes d’approvisionnement et en intensifiant leurs efforts de marketing.

Intervenant en tant que panéliste lors du lancement anglophone du rapport ELEF du PCFE et de la version francophone du PCFE, Ruth Vachon, chef de la direction du Réseau des Femmes d’affaires du Québec (RFAQ), a déclaré : « J’ai le sentiment que nous faisons face à une urgence et que nous devons agir maintenant, sinon il sera trop tard. Notre stratégie pour contrer les tarifs américains doit prendre en considération les entreprises détenues par des femmes et refléter les valeurs canadiennes. Les entrepreneures doivent explorer le commerce interprovincial et collaborer avec d’autres femmes d’affaires canadiennes sans plus tarder. Je suis également préoccupée par la réaction négative envers l’EDI, qui n’est ni un projet ni une démarche de façade, mais une approche qui a du sens sur le plan des affaires. Il est crucial de renforcer le soutien aux entreprises dirigées par des femmes — toutes les femmes — afin d’assurer la compétitivité du Canada. Dans ce contexte mondial instable, soutenir les entreprises dirigées par des femmes ne relève pas uniquement de l’équité, mais constitue une stratégie économique essentielle pour renforcer la résilience et la compétitivité du Canada. Agir de manière décisive dans ce domaine permettra au Canada de se positionner comme un leader mondial en matière d’économie inclusive et d’innovation durable. »

« L’entrepreneuriat féminin doit rester une priorité et ne peut pas être relégué au second plan — il est au cœur de notre développement économique et social, tout en contribuant significativement à l’atteinte de nos objectifs en matière de durabilité », a déclaré Tania Saba, titulaire de la Chaire BMO en diversité et gouvernance et professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal, coprésidente du comité consultatif du PCFE et responsable du pôle québécois du PCFE. « On ne peut pas mener une guerre commerciale avec la moitié d’une armée. Nous avons besoin des PME, y compris celles détenues par des femmes, des Autochtones, des personnes racisées, des personnes immigrantes et d’autres groupes, pour qu’elles occupent une place centrale dans la stratégie. Notre diversité fait partie de notre avantage concurrentiel mondial — tirer parti des diasporas immigrantes du Canada pour accéder rapidement à de nouveaux marchés est une opportunité immense, tout comme exploiter la force et la résilience des femmes. Les femmes représentent 51 % de la main-d’œuvre, influencent la majorité des décisions d’achat et sont une véritable force d’innovation et d’entrepreneuriat dans ce pays. »

Autres constats clés du rapport :

  • Les revenus sont également en hausse. En 2024, 68,6 % des entreprises majoritairement détenues par des femmes ont maintenu ou augmenté leur chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, dépassant légèrement les autres entreprises (67,9 % en 2024 contre 65,8 % en 2022).
  • Les entreprises majoritairement détenues par des femmes affichent le plus haut taux global d’innovation, à 38,0 %, surpassant largement celles sans participation féminine (25,6 %).
  • Bien que toujours sous-représentées dans certains secteurs, les entrepreneures renforcent leur présence dans des industries traditionnellement masculines et à forte intensité de capital comme la fabrication (10,0 % contre 9,5 % en 2020), la construction (7,8 % contre 3,7 % en 2020) ainsi que l’agriculture, la foresterie, l’exploitation minière et l’extraction de pétrole et de gaz (9,5 % contre 5,8 %).
  • Un fossé numérique persiste. Les entreprises détenues par des femmes sont moins susceptibles d’adopter les technologies émergentes comme l’IA, avec un taux d’adoption de 12,3 % contre 16,5 % pour les entreprises détenues par des hommes. Toutefois, les outils d’IA générative gagnent du terrain.
  • Les entrepreneurs des Premières Nations, Métis et Inuits créent des entreprises cinq fois plus rapidement que les Canadiens non autochtones, et les entreprises autochtones sont plus susceptibles d’être majoritairement détenues par des femmes que celles non autochtones.
  • Les PME détenues par des Noirs affichent le taux le plus élevé de propriété majoritairement féminine, à 38,8 %, suivies des entreprises d’Asie du Sud-Est (25,2 %) et chinoises (23,6 %).
  • Les entrepreneurs canadiens se classent en tête sur plusieurs indicateurs de compétences perçues en entrepreneuriat, notamment les opportunités perçues, les capacités perçues et les intentions entrepreneuriales, en comparaison aux économies d’autres nations (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie).

Pour plus d’informations, veuillez contacter : Kathleen Powderley, 416-803-5597, [email protected]