La table ronde du PCFE en Alberta réunit des partenaires de l’écosystème pour discuter des constats et des nouvelles possibilités qui se dessinent pour les entreprises à direction féminine.
La Dre Wendy Cukier, fondatrice et directrice académique du PCFE, a récemment présenté des constats sur l’entrepreneuriat féminin lors de la table ronde du PCFE en Alberta, en mettant en lumière à la fois les tendances nationales et les constats propres à la province.
Au cours de la séance, Cukier a présenté les principaux constats tirés de l’édition 2025 du rapport l’État des lieux de l’entrepreneuriat féminin (SOWE) et a donné un aperçu des premières observations attendues dans l’édition de 2026. La discussion comprenait aussi une période de questions animée par Shannon Pestun, conseillère du PCFE établie en Alberta, au cours de laquelle Cukier a livré son point de vue sur les moyens de renforcer l’écosystème de soutien aux entreprises à direction féminine en Alberta.
Le PCFE est une initiative nationale qui mène des recherches et produit des éclairages pour orienter les politiques, les programmes et les pratiques qui soutiennent efficacement les femmes entrepreneures aux profils diversifiés. Grâce à son réseau de 10 centres régionaux partout au Canada, le PCFE travaille à cerner les obstacles et à mettre en lumière les facteurs favorables à l’entrepreneuriat féminin dans l’ensemble de l’écosystème de l’innovation.
S’appuyant sur SOWE 2025 et sur les premières observations pour 2026, Cukier a mis en lumière l’importante contribution économique des entreprises détenues par des femmes partout au Canada. Les femmes détiennent environ 20 % des entreprises à l’échelle nationale et sont copropriétaires d’un autre 17 % des entreprises canadiennes. Elle a souligné que la participation des femmes dans plusieurs secteurs historiquement dominés par les hommes a progressé de façon significative entre 2017 et 2023, notamment en agriculture (de 5,4 % à 9,5 %), dans la construction (de 3,9 % à 7,8 %), dans le transport (de 7,1 % à 10,1 %) et dans les services professionnels (de 14,9 % à 22 %). Cukier a également mis en lumière l’évolution des dynamiques en matière d’innovation et de commerce international. Les femmes entrepreneures sont désormais tout aussi susceptibles que les hommes d’innover et d’exporter. Bien que les PME détenues majoritairement par des femmes soient moins susceptibles que celles détenues majoritairement par des hommes d’exporter vers les États-Unis (80,4 % contre 86,9 %), elles sont plus susceptibles d’exporter vers d’autres pays, notamment le Brésil (5,3 % contre 3,1 %), le Royaume-Uni (20,6 % contre 12,3 %), la Chine (15,9 % contre 12,6 %) et l’Inde (9,3 % contre 5,2 %).
L’Alberta se démarque à plusieurs égards. « L’Alberta affiche la proportion la plus élevée d’entreprises détenues majoritairement et contrôlées par des femmes, soit 24,6 %, comparativement à la moyenne nationale, qui se situe autour de 20 % », a déclaré Cukier.
Cependant, les perspectives des entrepreneures et des entrepreneurs de la province traduisent une certaine incertitude. Les données donnent à penser que les femmes entrepreneures en Alberta expriment un niveau de préoccupation relativement élevé quant aux perspectives économiques : 38,4 % des entreprises à direction féminine signalent une incidence négative des droits de douane, même si 49 % indiquent n’en subir aucune, et 26,8 % affichent du pessimisme à l’égard des perspectives pour 2026, soit la proportion la plus élevée de toutes les provinces et un taux supérieur à la moyenne nationale de 17,6 %.
Parallèlement, des écarts persistent dans des domaines comme le financement, où les biais structurels et les présupposés historiques en matière de risque continuent d’influencer les décisions relatives aux prêts et aux investissements.En 2023, les entreprises détenues majoritairement par des femmes affichaient le plus faible taux d’approbation du financement, soit 85,9 %, comparativement à 88,2 % pour les entreprises détenues par des hommes et à 90,6 % pour les entreprises détenues à parts égales. Les entreprises détenues par des femmes ont aussi reçu un financement nettement inférieur. En 2023, elles ont obtenu en moyenne 171 139 $ en financement, tandis que les entreprises détenues majoritairement par des hommes ont reçu 435 088 $. Les taux d’intérêt des marges de crédit — que les dirigeantes ont désignés comme ayant une forte incidence sur les activités de leur entreprise — étaient également plus élevés. Les entreprises détenues majoritairement par des femmes faisaient face à un taux d’intérêt de 13,7 %, nettement supérieur au taux de 10,4 % observé pour les entreprises détenues majoritairement par des hommes et à celui de 11,2 % pour les entreprises détenues à parts égales.
Au cours de la discussion, Cukier a présenté les principales mesures à prendre pour bâtir et maintenir un solide écosystème entrepreneurial capable d’accélérer la croissance des entreprises à direction féminine dans la province.
L’un des avantages de l’Alberta, a-t-elle souligné, tient à sa taille. Comparativement aux administrations de plus grande envergure, il est plus facile d’y réunir les institutions financières, les investisseurs en capital de risque, les gouvernements et les intermédiaires d’affaires afin de coordonner les efforts et de mettre l’information en commun. Cette connectivité peut contribuer à réduire la fragmentation, que Cukier a désignée comme un défi majeur dans les écosystèmes entrepreneuriaux. « L’un des principaux facteurs qui nuisent aux écosystèmes est la fragmentation », a-t-elle déclaré.
L’amélioration de l’orientation au sein de l’écosystème constitue une autre priorité. Les entrepreneures et les entrepreneurs ont souvent du mal à s’y retrouver parmi les nombreux programmes, accélérateurs et services de soutien offerts, passant parfois d’un programme à l’autre sans réaliser de progrès concrets. Une meilleure coordination et des parcours plus clairs pourraient les aider à accéder plus efficacement aux ressources dont ils ont besoin.
Cukier a aussi souligné l’importance d’intégrer les femmes entrepreneures aux discussions économiques et commerciales générales plutôt que de les traiter comme une catégorie distincte. Là où les femmes représentent environ le quart des propriétaires d’entreprises, comme en Alberta, il est essentiel de veiller à leur participation aux espaces décisionnels en matière économique et aux initiatives sectorielles.
Enfin, elle a souligné que l’approvisionnement constitue un puissant levier d’action publique. Les investissements massifs dans les projets nationaux, les infrastructures et la défense représentent d’importantes opportunités pour les femmes entrepreneures. Les gouvernements et les grandes entreprises peuvent créer des opportunités pour les entreprises à direction féminine en mettant en place des cibles mesurables en matière de diversité des fournisseurs et en favorisant leur participation à l’ensemble des chaînes d’approvisionnement, notamment à titre de fournisseurs de deuxième ou de troisième rang. Governments and large corporations can create opportunities for women-led businesses by implementing measurable supplier diversity targets and enabling participation across supply chains, including as Tier 2 or Tier 3 suppliers.
Ensemble, ces stratégies — conjuguées à une conception inclusive des programmes, à l’accès aux réseaux et au perfectionnement des compétences, (notamment pour exploiter le potentiel de l’IA), ainsi qu’aux efforts visant à remettre en question les présupposés dépassés sur l’entrepreneuriat — peuvent contribuer à faire en sorte que les femmes entrepreneures continuent de stimuler la croissance économique en Alberta et partout au Canada.
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